J'ai vu ces dunes, par milliers. [...], à en mourir.
Le désert.
Rien ne vie et rien ne meurt.
Des mots suspendus, figés sur des murs invisibles, m'entourent et m'étouffent. Aucun ne parle, aucun ne rit ou ne pleure. Des mots qui ne veulent plus danser, ils n'aiment plus ma musique.
Le désert te dis-je, le désert, ardent, consume l'âme.
La marche est longue, si longue. La sueur perle, je suis à genoux, Saint-Christophe ne guide plus les voyageurs égarés depuis longtemps, l'espoir te dis-je s'en est allé, si loin.
Mon esprit s'est déversé sur le sol aride comme ces vomissures fétides, fruits d'un écoeurement profond, qui tapissent désormais cette terre de feu que les anges ont maudit et oublié.
Le silence est d'or, la main de fer, le gant de velours, le bâton de berger et la plume d'oie.
La ... plume ... [ silence ]
La ... plume ... ?
Ma ... plume ?
Il n'y a aucune bonne raison pour écrire, seulement, parfois, c'est nécessaire, pour ne pas s'oublier.